Ca fait neuf jours que je ne suis plus sorti. L’école est fermée, le parc est fermé, le restaurant est fermé, le musée est fermé. A cause du virus, tout est fermé.
Le premier jour, maman a fait des nouveaux plannings pour le mois de mars où elle a tracé l’école. Au début, je croyais que je n’avais plus le droit d’aller à l’école parce que c’était compliqué pour les autres. Non, ce n’était pas pour la prof, maman ou les camarades que c’était compliqué. C’est à cause des gens dans des bureaux que je ne vois jamais pour qui c’est un problème que j’aille à l’école. Mais maman m’a dit que l’école était fermée pour tous les enfants. C’est vrai, mes frères sont aussi à la maison.
Le premier jour déjà, papa a monté le trampoline dans notre jardin. Je peux donc me défouler tous les jours. Maman a dit qu’on avait de la chance d’avoir un jardin pour profiter du beau temps.
Maman m’a aussi fait un planning pour le mois d’avril, sans école également. Elle dit qu’on fait désormais école à la maison, mais moi je ne veux pas: l’école c’est à l’école, à la maison c’est la maison. Du coup, on fait des devoirs... beaucoup de devoirs, tous les jours sauf le dimanche. Et comme je fais beaucoup de devoirs, je reçois un cadeau le samedi. Hier, j’ai reçu Markus, un chien de la Pat Patrouille, qui rejoint le reste de ma troupe.
Depuis mercredi, papa travaille à la maison. C’est difficile pour moi de voir papa au salon. Quand il téléphone, je ne dois pas faire de bruit. Il en passe du temps au téléphone... au bout d’un jour déjà, il a aménagé sa chambre à coucher en bureau, et je sais que je n’ai pas le droit d’y entrer quand la porte est fermée.
C’est dimanche. Je joue avec papa.
« Papa, on va au musée? »
« Non, c’est fermé. »
« On va boire un sirop au restaurant? »
« Non, c’est fermé. »
« Je veux aller au parc, celui du train! »
« C’est fermé. On doit rester à la maison! »
« Je ne veux pas rester à la maison. Je veux sortir! »
« C’est dimanche, on peut aller à la messe... »
« Ah non, l’église est aussi fermée! »
« Dis, papa, je pourrai aller à l’école en mai? »
« Je ne sais pas... je ne pense pas! »
« Mais on ira au CHUV en mai? Au onzième étage? »
« Je ne sais pas si on pourra aller faire ce contrôle au CHUV en mai. Ils auront d’autres chats à fouetter. »
« Papa, pourquoi toutes ces personnes âgées à la télé se promènent dehors? »
« Je ne sais pas. Probablement parce qu’ils n’ont pas de méchant papa qui leur interdit des choses... »
dimanche 22 mars 2020
samedi 14 mars 2020
Six
Six. Un chiffre qui me stresse. Non, ce n’est pas la moyenne générale de Nicolas à l’école.
Je n’ai pas non plus coché les six bons numéros au loto.
Six, c’est le nombre de semaines qu’ils ferment l’école à Nicolas. Et toutes les autres écoles du canton, à cause du coronavirus. Un mois et demi! Pas d’école, pas d’internat.
Je fais confiance à nos autorités qui en ont décidé ainsi. Sans être médecin, je ne trouve pas les mesures prises excessives. Six semaines, par contre, ça va être long! Très long!!!
Nicolas se réjouit le samedi déjà de retourner à l’école lundi. Nous lui avons expliqué qu’il n’y aura plus d’école pendant six semaines. Il sort son planning mensuel : « Non! Ce n’est pas les vacances! Je veux aller à l’école lundi! »
Croyez-moi, nous aussi aimerions qu’il puisse aller à l’école de temps en temps, rien que pour le changement, pour qu’il garde les bons réflexes acquis en termes de socialisation avec les autres enfants.
Bien sûr, il y aura l’école à la maison, ils vont nous envoyer les exercices par e-mail. Mais Nicolas est autiste, il a une structure trop claire dans sa tête: à l’école, on apprend - à la maison, on joue. C’est déjà la galère pour les devoirs dix minutes par jour, comment faire l’école pendant des heures?
Nous aménagerons probablement un coin « école » au salon, histoire qu’il accepte un changement. On mettra une plage horaire fixe dans le planning journalier pour qu’il comprenne.
« Je ne veux pas le coro là virus! Je veux aller à l’école lundi! »
Nous aussi... mais surtout, je n’aimerais pas qu’il le chope, ce virus! En plus de son TSA, il a une maladie auto-immune, une arthrite juvénile. Son système immunitaire est donc affaibli, comment réagirait-il avec le Covid-19? Je ne veux pas le savoir.
Six semaines... je ressors le calendrier...
Une, deux, trois, quatre, cinq, six, sept...??? Je recommence, et j’arrive de nouveau à sept! Les écoles seront fermées au moins jusqu’au 30 avril, cela fait bel et bien sept semaines!
Courage à tous les parents, que l’enfant soit autiste ou non!
Je ne boirai donc pas un sixpack de bières ce soir, je sifflerai une bouteille de sept décis de vin...
Je n’ai pas non plus coché les six bons numéros au loto.
Six, c’est le nombre de semaines qu’ils ferment l’école à Nicolas. Et toutes les autres écoles du canton, à cause du coronavirus. Un mois et demi! Pas d’école, pas d’internat.
Je fais confiance à nos autorités qui en ont décidé ainsi. Sans être médecin, je ne trouve pas les mesures prises excessives. Six semaines, par contre, ça va être long! Très long!!!
Nicolas se réjouit le samedi déjà de retourner à l’école lundi. Nous lui avons expliqué qu’il n’y aura plus d’école pendant six semaines. Il sort son planning mensuel : « Non! Ce n’est pas les vacances! Je veux aller à l’école lundi! »
Croyez-moi, nous aussi aimerions qu’il puisse aller à l’école de temps en temps, rien que pour le changement, pour qu’il garde les bons réflexes acquis en termes de socialisation avec les autres enfants.
Bien sûr, il y aura l’école à la maison, ils vont nous envoyer les exercices par e-mail. Mais Nicolas est autiste, il a une structure trop claire dans sa tête: à l’école, on apprend - à la maison, on joue. C’est déjà la galère pour les devoirs dix minutes par jour, comment faire l’école pendant des heures?
Nous aménagerons probablement un coin « école » au salon, histoire qu’il accepte un changement. On mettra une plage horaire fixe dans le planning journalier pour qu’il comprenne.
« Je ne veux pas le coro là virus! Je veux aller à l’école lundi! »
Nous aussi... mais surtout, je n’aimerais pas qu’il le chope, ce virus! En plus de son TSA, il a une maladie auto-immune, une arthrite juvénile. Son système immunitaire est donc affaibli, comment réagirait-il avec le Covid-19? Je ne veux pas le savoir.
Six semaines... je ressors le calendrier...
Une, deux, trois, quatre, cinq, six, sept...??? Je recommence, et j’arrive de nouveau à sept! Les écoles seront fermées au moins jusqu’au 30 avril, cela fait bel et bien sept semaines!
Courage à tous les parents, que l’enfant soit autiste ou non!
jeudi 27 février 2020
106. Tous égaux?
Manon* a huit ans. Elle aime aller à l’école parce qu’elle y a appris à lire et à écrire. Manon aime lire des livres, surtout les histoires qui parlent d’animaux, comme les chevaux, les chiens et les chats. Ces derniers mois, son institutrice a remarqué que Manon clignait des yeux quand elle a dû copier des phrases depuis le tableau noir. La maîtresse l'a mise au premier rang et a averti ses parents.
Quelques jours plus tard, Manon a été avec sa maman chez l’opticien. Depuis quelques semaines, Manon porte une paire de lunettes à l’école, comme plusieurs de ses copines. Elle apprécie ses lunettes et elle remarque qu’elle est moins fatiguée après l’école. Quand elle a terminé ses devoirs, Manon a encore le temps et l’énergie de faire ce qu’elle aime : Lire une histoire !
Sa maman est aussi contente parce que l'assurance maladie vient de rembourser la paire de lunettes. Pas besoin de se serrer encore plus la ceinture ce mois-ci.
* * * * *
Luca* a onze ans. Il va à l’école en Ferrari – c’est comme ça qu’il appelle son fauteuil roulant sur lequel il se déplace depuis presque trois ans. Il a une maladie rare, les muscles de ses jambes sont trop faibles pour le porter. Cela s’appelle une dystrophie musculaire.
Pendant la récréation, lorsque ses camarades jouent au football, Luca dessine. Il sort son petit cahier et fait des portraits des autres enfants. Il a développé un vrai talent pour ceci, plusieurs copains ne jouent plus au foot pendant la pause car ils préfèrent regarder Luca dessiner.
Le mardi après-midi, quand sa classe va au cours de gym, sa maman vient le chercher pour l’amener en physiothérapie. Même si Luca ne se rend pas à la salle de gymnastique, la commune a dû construire un ascenseur pour lui permettre l'accès à la salle qui se trouve au sous-sol. Le peuple Suisse a voté une loi qui oblige les collectivités publiques à permettre l'accès à toute personne aux installations accessibles au public.
* * * * *
Kevin* a treize ans. Il souffre d’une mucoviscidose, une maladie qui touche les poumons et les voies respiratoires. Il suit le cours de gym mais il peut s’arrêter à tout moment si l’effort est trop violent pour lui.
Kevin rate plusieurs cours chaque semaine parce qu’il doit aller à la physiothérapie tous les jours. Il prend des médicaments puissants qui le fatiguent. Il paraît que ses médicaments coûtent 140'000 francs par année, heureusement que c’est payé par l’assurance invalidité.
Depuis le début de l’année scolaire, Kevin a été hospitalisé deux fois pendant une semaine entière. Pour rattraper le retard dû aux absences, l’école lui met à disposition un cours d’appui tous les mercredis après-midi. Tout le monde fait des efforts pour que Kevin puisse passer l’année scolaire.
* * * * *
Nicolas a sept ans. C’est un enfant avec troubles du spectre de l’autisme. Il ne porte pas de lunettes, il a ni chaise roulante ni troubles respiratoires. Son cerveau fonctionne autrement que celui des autres enfants ce qui rend une communication difficile.
Dans son école, Nicolas n’apprend pas à lire et à écrire, il apprend à se comporter en groupe. Ses parents se sont battus pour que Nicolas puisse intégrer une « vraie » école au moins un jour par semaine. Avec une stagiaire qui l’accompagne socialement, Nicolas suit le programme scolaire hebdomadaire en un seul jour.
Parce que cette intégration se passe si bien, il peut depuis peu aller deux jours à l’école toutes les semaines. Nicolas aime calculer et lire ; il lit tout ce qui lui tombe sous les yeux. Par contre, il a de la peine quand l'ambiance s'agite et qu'il y a du bruit, par exemple lors de cours sous forme d'ateliers, pendant la gym ou la récréation. A ce moment, il met son pamir (protège-ouïe) et peut quitter la classe un petit moment pour se calmer.
L’année prochaine, Nicolas ne pourra probablement plus aller à l’école. Les responsables estiment que Nicolas a assez bénéficié des mesures d’aide. Ce n’est plus possible de faire sans arrêt des exceptions pour un enfant. Le règlement ne prévoit d'ailleurs pas qu'un enfant puisse quitter la classe ou zapper la récréation.
* * * * * * * * * *
J'espère qu'ils ne vont pas continuer dans cette logique. Je crains qu'un jour, ils enlèveront les lunettes à Manon, le fauteuil à Luca et les médicaments et thérapies à Kevin parce que les autres enfants ne peuvent pas bénéficier des mêmes mesures d'aide…
*prénoms fictifs
vendredi 21 février 2020
105. La seule chose dans la vie qui reste inchangée ...
La vie est un long fleuve tranquille... si seulement!
En fait, le philosophe grec Héraclite (542 - 480 avant J.C.) a dit que la seule chose qui reste constante durant une vie, c'est le changement. 2500 ans en arrière déjà, le quotidien semblait être mouvementé (du moins en Grèce...)
Un autiste a besoin de stabilité. Dès qu'il y a un imprévu, l'autiste fait quelque chose qu'il a l'habitude de faire afin de se rassurer: il peut bouger les bras comme s'il allait s'envoler (le « flapping »), se boucher les oreilles tout en criant, bouger la tête en permanence comme si c'était un pendule d'horloge... On parle de stéréotypes.
Des personnes « externes » pourraient se poser la question pourquoi Nicolas se met en pyjama à midi (oui, toujours celui avec les étoiles...), pourquoi il aligne ses peluches et pourquoi il trie les smarties d’après les couleurs. Parce que c'est sa façon de se mettre en sécurité.
Vous savez peut-être que Nicolas va deux jours par semaine à l'école ordinaire depuis le mois de janvier. C’est un grand changement pour lui de doubler le nombre de jours: Lundi, il continue d’être accompagné par une bénévole. Le mardi par contre, il doit y aller sans filet de sécurité, le système ici ne prévoit pas d’accompagnement. La maîtresse connaît Nicolas et elle était prête a accepter ce défi.
Afin d’atténuer l’influence que cette situation a forcément sur un autiste, nous essayons de planifier au maximum, d’imprimer des plans, de créer des dessins animés sur une appli pour que la journée de mardi se passe bien. Bravo à sa maman (mon épouse) qui investit des dizaines d'heures chaque semaine pour faire ce travail formidable depuis que Nicolas est scolarisé.
Dans la vie, on peut planifier beaucoup de choses, mais pas les imprévus!
Depuis la fin des dernières vacances début janvier et jusqu'à au début des prochaines vacances aujourd'hui, il y a eu 7 mardis pour aller à l’école. C’est suffisant pour laisser les routines s’installer et ainsi faciliter tous les mardis qui suivent.
Tu parles!
- Un mardi, la maîtresse était malade. Changement de programme donc.
- Mardi suivant, il y a une maîtresse stagiaire qui a intégré la classe afin de gagner en expérience. C’est bien mais ça perturbe le déroulement standard à Nicolas.
- Le troisième mardi, son voisin de pupitre est tombé malade pendant l'école le matin. Fait banal, ceci semble avoir traumatisé Nicolas parce qu'il en parle aujourd'hui encore.
- Du coup, Nicolas a aussi chopé une grippe et a manqué le quatrième mardi.
- Le mardi qui suivait, c'était le dernier mardi de la stagiaire. Il fallait donc le préparer pour se dire au revoir.
- Le sixième mardi, l'institution est venue observer dans la classe comment Nicolas se comportait en classe sans accompagnante. Même si Nicolas était fier de connaître la dame que les autres enfants n'avaient jamais vu, il ne comprenait pas pourquoi sa maîtresse de l'institut se trouvait dans la salle de classe de l'école.
- Le septième mardi, c'était le premier mardi normal. Enfin, presque... les vacances allaient commencer ce qui a excité plus d'un.
Il paraît que lors du mardi d'observation, Nicolas n'était pas très autonome. Il avait l'air perturbé. Et pourtant, après tous ces mardis, une routine aurait dû s'installer...
Je crains que ce rapport influencera l'intégration à l'école lors de la prochaine rentrée. Et comme il n'y aura plus d'exceptions avec une intégration partielle, ça risque bien d'être le retour à la case départ.
Dites-moi: Est-ce qu'un enfant de 7 ans mais sans autisme aurait mieux géré la situation? Et pourtant, chez lui, la question ne se pose pas si l'année prochaine, il pourra aller à l'école ou pas.
En fait, le philosophe grec Héraclite (542 - 480 avant J.C.) a dit que la seule chose qui reste constante durant une vie, c'est le changement. 2500 ans en arrière déjà, le quotidien semblait être mouvementé (du moins en Grèce...)
Un autiste a besoin de stabilité. Dès qu'il y a un imprévu, l'autiste fait quelque chose qu'il a l'habitude de faire afin de se rassurer: il peut bouger les bras comme s'il allait s'envoler (le « flapping »), se boucher les oreilles tout en criant, bouger la tête en permanence comme si c'était un pendule d'horloge... On parle de stéréotypes.
Des personnes « externes » pourraient se poser la question pourquoi Nicolas se met en pyjama à midi (oui, toujours celui avec les étoiles...), pourquoi il aligne ses peluches et pourquoi il trie les smarties d’après les couleurs. Parce que c'est sa façon de se mettre en sécurité.
Vous savez peut-être que Nicolas va deux jours par semaine à l'école ordinaire depuis le mois de janvier. C’est un grand changement pour lui de doubler le nombre de jours: Lundi, il continue d’être accompagné par une bénévole. Le mardi par contre, il doit y aller sans filet de sécurité, le système ici ne prévoit pas d’accompagnement. La maîtresse connaît Nicolas et elle était prête a accepter ce défi.
Afin d’atténuer l’influence que cette situation a forcément sur un autiste, nous essayons de planifier au maximum, d’imprimer des plans, de créer des dessins animés sur une appli pour que la journée de mardi se passe bien. Bravo à sa maman (mon épouse) qui investit des dizaines d'heures chaque semaine pour faire ce travail formidable depuis que Nicolas est scolarisé.
Dans la vie, on peut planifier beaucoup de choses, mais pas les imprévus!
Depuis la fin des dernières vacances début janvier et jusqu'à au début des prochaines vacances aujourd'hui, il y a eu 7 mardis pour aller à l’école. C’est suffisant pour laisser les routines s’installer et ainsi faciliter tous les mardis qui suivent.
Tu parles!
- Un mardi, la maîtresse était malade. Changement de programme donc.
- Mardi suivant, il y a une maîtresse stagiaire qui a intégré la classe afin de gagner en expérience. C’est bien mais ça perturbe le déroulement standard à Nicolas.
- Le troisième mardi, son voisin de pupitre est tombé malade pendant l'école le matin. Fait banal, ceci semble avoir traumatisé Nicolas parce qu'il en parle aujourd'hui encore.
- Du coup, Nicolas a aussi chopé une grippe et a manqué le quatrième mardi.
- Le mardi qui suivait, c'était le dernier mardi de la stagiaire. Il fallait donc le préparer pour se dire au revoir.
- Le sixième mardi, l'institution est venue observer dans la classe comment Nicolas se comportait en classe sans accompagnante. Même si Nicolas était fier de connaître la dame que les autres enfants n'avaient jamais vu, il ne comprenait pas pourquoi sa maîtresse de l'institut se trouvait dans la salle de classe de l'école.
- Le septième mardi, c'était le premier mardi normal. Enfin, presque... les vacances allaient commencer ce qui a excité plus d'un.
Il paraît que lors du mardi d'observation, Nicolas n'était pas très autonome. Il avait l'air perturbé. Et pourtant, après tous ces mardis, une routine aurait dû s'installer...
Je crains que ce rapport influencera l'intégration à l'école lors de la prochaine rentrée. Et comme il n'y aura plus d'exceptions avec une intégration partielle, ça risque bien d'être le retour à la case départ.
Dites-moi: Est-ce qu'un enfant de 7 ans mais sans autisme aurait mieux géré la situation? Et pourtant, chez lui, la question ne se pose pas si l'année prochaine, il pourra aller à l'école ou pas.
vendredi 7 février 2020
104. Tu l’dis ou tu l’dis pas?
Une question récurrente que se posent les parents d’un petit autiste est s'il faut parler ouvertement de la différence de son enfant. Peut-on dire aux grands-parents, aux voisins, aux collègues de travail que notre (nos) petit(s) est (sont) atteint(s) d’autisme?
Perso, j’ai toujours plaidé pour le oui. Jouons les cartes sur tables, soyons transparents, appelons un chat un chat.
Ceci n'évitera pas les commentaires méchants dans la rue, mais au moins les rumeurs. Les gens qui le souhaitent peuvent se renseigner et également poser des questions. Ceux qui ne souhaitent pas aller plus loin pourront dorénavant éviter le sujet ou carrément nous éviter.
Donc: Oui, parlons-en, communiquons, évitons les "Fake News".
Aujourd’hui, je suis moins catégorique sur le sujet. Seuls les imbéciles ne changent pas d’avis.
Pourquoi donc?
Je réalise que chez nous, les autorités scolaires ont catégorisé cet enfant en tant que "enfant à problèmes". Il ne parviendra donc à rien dans sa vie, il travaillera dans un atelier protégé quand il sera grand, les services sociaux s'occuperont de lui quand les parents ne seront plus là. C'est ainsi et pas autrement.
De ce fait, nos requêtes et demandes seront classées sans être traitées. Comme nous insistons, nous, les parents, avons reçu le prédicat "pénibles". Je m'imagine qu'à chaque fois que leur centrale téléphonique détecte un appel provenant de notre numéro, les girophares s'allument et les sirènes s'enclenchent. Nos e-mails sont directement dirigés dans un classeur "courrier indésirable" puis effacé par un super-ordinateur dans les secondes qui suivent.
En discutant avec d'autres parents qui ont des enfants différents (avec ou sans diagnostique), plusieurs d'entre eux ont choisi ne rien dire à l'école. Car sans diagnostique officiel, personne n'interdira à ces enfants de suivre leur scolarité "normale".
Certes, ce sont des enfants plus difficiles à gérer pour les profs. Ils risquent de faire une année supplémentaire pendant leur scolarité mais ceci n'est pas grave si l'enfant obtiendra son diplôme à 16 ou à 18 ans. Il pourra choisir un métier qui lui conviendra, il pourra vivre sa vie à sa façon.
Nous avons raconté à tout le monde que Nicolas est autiste. Aurions-nous dû nous taire face aux autorités?
Indépendemment des conséquences que ceci aurait eu, nous n'avons pas eu le choix. Nicolas ne parlait pas, n'était pas propre, s'auto-mutilait... impossible d'imaginer une scolarité normale trois ans en arrière.
Mais aujourd'hui, grâce à deux jours d'école ordinaire par semaine, il comble les différences avec les autres enfants "normaux" qui ont toute la vie devant eux. Il paraît même que ce n'est pas l'enfant le plus difficile de la classe...
Notre combat continue!
Perso, j’ai toujours plaidé pour le oui. Jouons les cartes sur tables, soyons transparents, appelons un chat un chat.
Ceci n'évitera pas les commentaires méchants dans la rue, mais au moins les rumeurs. Les gens qui le souhaitent peuvent se renseigner et également poser des questions. Ceux qui ne souhaitent pas aller plus loin pourront dorénavant éviter le sujet ou carrément nous éviter.
Donc: Oui, parlons-en, communiquons, évitons les "Fake News".
Aujourd’hui, je suis moins catégorique sur le sujet. Seuls les imbéciles ne changent pas d’avis.
Pourquoi donc?
Je réalise que chez nous, les autorités scolaires ont catégorisé cet enfant en tant que "enfant à problèmes". Il ne parviendra donc à rien dans sa vie, il travaillera dans un atelier protégé quand il sera grand, les services sociaux s'occuperont de lui quand les parents ne seront plus là. C'est ainsi et pas autrement.
De ce fait, nos requêtes et demandes seront classées sans être traitées. Comme nous insistons, nous, les parents, avons reçu le prédicat "pénibles". Je m'imagine qu'à chaque fois que leur centrale téléphonique détecte un appel provenant de notre numéro, les girophares s'allument et les sirènes s'enclenchent. Nos e-mails sont directement dirigés dans un classeur "courrier indésirable" puis effacé par un super-ordinateur dans les secondes qui suivent.
En discutant avec d'autres parents qui ont des enfants différents (avec ou sans diagnostique), plusieurs d'entre eux ont choisi ne rien dire à l'école. Car sans diagnostique officiel, personne n'interdira à ces enfants de suivre leur scolarité "normale".
Certes, ce sont des enfants plus difficiles à gérer pour les profs. Ils risquent de faire une année supplémentaire pendant leur scolarité mais ceci n'est pas grave si l'enfant obtiendra son diplôme à 16 ou à 18 ans. Il pourra choisir un métier qui lui conviendra, il pourra vivre sa vie à sa façon.
Nous avons raconté à tout le monde que Nicolas est autiste. Aurions-nous dû nous taire face aux autorités?
Indépendemment des conséquences que ceci aurait eu, nous n'avons pas eu le choix. Nicolas ne parlait pas, n'était pas propre, s'auto-mutilait... impossible d'imaginer une scolarité normale trois ans en arrière.
Mais aujourd'hui, grâce à deux jours d'école ordinaire par semaine, il comble les différences avec les autres enfants "normaux" qui ont toute la vie devant eux. Il paraît même que ce n'est pas l'enfant le plus difficile de la classe...
Notre combat continue!
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